
Animée par un collectif d’artistes réunis en association, la revue Pyro poursuit son aventure un peu à l’écart du « village poétique » même si, au fil de ses livraisons, on peut voir apparaître quelques noms « d’habitués » des revues, comme, pour ce numéro, ceux de Roger Lahu et Bernard Schürch. La singularité de Pyro réside dans son étroite association du texte et de l’image, cette dernière prenant forme de dessins, encres et photographies. Une fois n’est pas coutume, je commencerai par ce volet visuel, relevant d’abord les étonnants dessins de David Hébert qui, en quelques traits suggestifs, mettent le corps en mouvement. Le mouvement constitue d’ailleurs le trait d’union de cette livraison ponctuée d’extraits du Petit traité des mouvements de Jean-Marc Pelletier : l’immobilité a appris au mouvement à regarder à droite et à gauche avant de traverser la route. Photos encore, prises en mouvement par Damien Boisson-Berçu et Jérome Nicolle. Et puis retour au texte, lui aussi mouvementé, ainsi de la charge d’une cavalerie légère, un « poème court-métrage » de Roger Lahu : le poème court-métrage / avec de la cavalerie /(légère pas lourde) / n’est pas une superproduction hollywoodienne / les approximations sont admises / et dans le galop / et dans le maniement des sabres. Mouvementé encore le « road movie » transcanadien de Julia Musté-Marchand, poème de la solitude et de l’amour à inventer. Belle unité que cette huitième livraison qui, comme les précédentes, fit l’objet d’une présentation publique autour d’un buffet convivial.