Anthologie permanente : Gianni d'Elia et Cole Swensen

130605

BON VOYAGE
La secousse quand les deux trains se croisent
te saisit toi et les autres voyageurs
[...]
nous posons pour la photo d’une fuite aride
qui ébranle dans la vitre chaque image
et durant ces secondes chacun voit sa cruelle
apparence tordue dans un gouffre ;

Il sobbalzo all’incrociarsi dei due treni
prende te e gli altri viaggiatori,
[...]
siamo per la fogotrafia d’un’arsa fuga
che squassa nel vetro ogni immagine
e ognuno in quei secondi ha la sua cruda
figura distorta in una voragine
Gianni d’Elia, Congé de la Vieille Olivetti, édition bilingue, traduction de Bernard Simeone, Comp’Act – La Polygraphe, p. 65

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Quand un train en croise un autre, l’air entre les
deux se fend, chacune de ses particules jumelée
à la lutte pour un même endroit avant que la déci-
sion soit préétablie. Nous allions par là. Longue
et lente courbe sur la beauté du monde qui à cette
vitessse est enfin et clairement perçue comme un
suspens du vol ; une chose qui vole au souffle per-
pétuellement retenu. Une compréhension de vert et
bleu et rouge qui voit le spectre éclater et l’éventail
des lames de lumière sombrer [...]
Cole Swensen, Nef, traduction de Rémi Bouthonnier, {Les petits matins}, 2005, sans pagination.

Gianni D’Elia, est né en 1953, à Pesaro, près de Rimini, sur la côte adriatique où il vit encore aujourd’hui. Il a créé la revue Lengua, d’inspiration pasolinienne, qui a publié quelques-uns des plus importants poètes italiens contemporains.
Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie :
Non per chi va, 1980
Febbraio, 1985
Segreta, 1989
La delusione, 1991
Notte privata, 1993
Congedo della vecchia Olivetti, 1996
Guerra di maggio, 2000
Sulla riva dell’epoca, 2000
Bassa stagione, 2003.
Il a traduit Gide et Baudelaire, ainsi que des poètes symbolistes et surréalistes français.
Il est présent dans le numéro 110 de la revue Po&sie (second numéro d’une indispensable recension de la poésie italienne de 1975 à 2004). Ainsi que dans la revue La Polygraphe.
Disponibles en français :
Des textes dans l’anthologie Lingua, la jeune poésie italienne, publiée sous la direction de Bernard Simeone, Le Temps qu’il fait, 1995
Le partisan d’avril, l’Impatiente, 2000 (plaquette à tirage limité)
Congé de la vieille Olivetti, traduction Bernard Simeone, Comp’Act La polygraphe, 2005
Retrouver un article de Bernard Simeone sur le site des éditions Comp’Act où l’on peut aussi consulter une fiche avec cinq poèmes du recueil (présentation bilingue). Et voir une très belle photo de Gianni d’Elia.
Présentation du livre Congé de la vieille Olivetti
Une interview (en italien)
de Gianni d’Elia

Cole Swensen enseigne la poésie et l’écriture à l’université de Iowa dont elle est diplômée.
bibliographie en anglais

It’s alive She Says, Floating Island Press, 1984
New Math, William Morrow & Co, 1988
Park, Floating Island Press, 1991
Numen, Burning Deck, 1995
Try, University of Iowa Press, 1999
Oh, Apogee Press, 2000
Such rich hour, University of Iowa Press, 2001
Goest, alice James Books, 2004
The book of a Hundred Hands, University of Iowa Press, 2005
bibliographie en français
Numen, traduction collection, Fondation Royaumont, Créaphis, 1994
Parc, traduction Pierre Alferi, Format Américain, 1995
Nef, traduction Rémi Bouthonnier, Éditions {les petits matins}, 2005
Lire le compte rendu d’une lecture de Cole Swensen
Lire une interview (en anglais) de Cole Swensen