Anthologie permanente : Heather Dohollau

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Qu’est ce qu’une ville ? Un lieu où dans un ordre donné sont célébrées les noces de l’espace et du temps. Il y a des villes qui nous habitent où, Gullivers de rêve, nos têtes sont dans les arbres et nos pieds dans les fontaines, et des villes où le ruban des rues se coupe après notre passage rendant tout retour à jamais impensable.


Ce sont quelquefois les mêmes, comme cette ville de pierre où les ombres des arbres dessinent des portes obscures, car au cœur de la pierre il y a le jardin transparent. Entre les rideaux tremblants des feuilles, les gestes des statues indiquent un commencement absolu. Attentifs à une réponse nous ne posons plus de questions. Le mystère est dans son absence qui peut redevenir présence car il y a danger.


Derrière attend un ciel très pâle, la musique continue en silence et les cœurs s’arrêtent sous la main. Une ville qui s’ordonne comme une musique pour la musique n’est pas ce côté-ci du jour. L’amour ici ne peut être qu’impossible, c’est-à-dire tout.

Heather Dohollau, Une Suite de matins, Folle Avoine, 2005, p. 31

Heather Dohollau dans Poezibao :
note bio-bibliographique
extrait 1
, Ezra Pound
extrait 2, Sur le papier, tout dort
extrait 3, Lumière, chaque jour la lumière
extrait 4, l’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
extrait 5, effleuré par l’oiseau de l’instant
extrait 6, Bird writing, là sur les vitres
extrait 7, Matinée à Tübingen (extrait)
Le lieu de la poésie d’Heather Dohollau (contribution de Béatrice Bonhomme au colloque de Cerisy)

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