Anthologie permanente : Ernst Meister

Avec mes remerciements à Tristan Hordé pour cette proposition

Des orages
en marche au-dessus
du lac ont heurté
la fenêtre en grondant.
La foudre a lu
l’écriture de nos visages.


Gewitter
wandelten über
den See und stießen
ans Fenster mit Donner.
Blitze lasen
unsrer Gesichter Schrift.

Ernst Meister, Espace sans paroi, traduit par Jean-Claude Schneider, 1992, Atelier La Feugraie, n.p.
Ernst Meister, Wandloser raum, Luchterhand Verlag, Rimbaud Verlag, 1979.


Tu dis que c’est
l’unique chose, cet
Ici, et c’est
vrai, à coup sûr.

Rares pourtant ceux
qui vraiment se chargent
du souffle.
La plupart ne cherchent

pas à penser,
et beaucoup
sont pris
par la détresse.


Du sagst, es sei
das Einzige, dieses
Hier, und das
ist wahr, gewiß.

Doch nehmen sich
wenige wirklich
des Atems an.
Die meisten suchen

das Denken nicht,
und viele
sind gefangen
in Not.

id., n. p.

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