Je dois le beau texte bibliographique ci-dessous à Pierre Kobel qui a attiré mon attention sur André Laude. Je le reproduis tel qu'il me l'a envoyé et je me contente de lui adjoindre une bibliographie et quelques liens.
FT
"On a écrit de André Laude qu’il était un « soleil noir de la poésie ». Noir d’une existence Noir du refus anarchiste de se soumettre. Noir du désespoir qui a souvent accompagné son existence et qui a contribué à sa fin. Soleil de la révolte qu’il a toujours porté très haut. Soleil de l’éclairage qu’il a donné de l’œuvre des autres : amis et compagnons trop méconnus, artistes emprisonnés et bâillonnés. Soleil des mots qu’il a aimés.
André Laude est selon le choix, un homme sans biographie ou un homme qui a plusieurs biographies.
Un homme sans biographie car il a toujours masqué les éléments de son existence. Il est né en 1936 à Aulnay sous Bois. Il est le fils d'Olga Katz, juive et polonaise « cendre et fumée / au-dessus d'Auschwitz », et d'un père occitan dont on ne sait rien de plus. On comprendra que son enfance ait été fortement marquée par la guerre. Le reste de son existence pourrait n’être qu’une suite de dates de rencontres littéraires, de collaborations à des journaux et des revues, de publications. Il fut critique littéraire au Monde et aux Nouvelles littéraires, chroniqueur photo au Nouvel Observateur et au Point.
Une suite de dates traversées par les faits d’une vie personnelle - on sait qu’il a deux enfants - mais il prit toujours le plus grand soin à masquer cette part de l’existence comme s’il voulait brouiller les pistes d’une identité difficile à trouver et d’une personnalité difficile à assumer.
André Laude n’avait qu’une seule passion : la poésie. Il connaissait des milliers de vers par coeur et était à lui tout seul une anthologie.
Voici ce qu’il en disait : « L’activité poétique pour moi a toujours été liée à l’expérience vécue. J’ai toujours eu pour objectif de rapprocher l’expérience vécue du texte écrit. Je ne conçois pas une poésie qui soit seulement le produit d’une activité mentale. Elle est le produit d’une activité générale qui met en cause l’esprit, les sens, le sexe, la peau, et aussi l’histoire de l’individu, l’histoire collective. Toute mon expérience poétique s’articule autour de cette perspective : la poésie doit changer la vie. »
André Laude est mort à Paris le 24 juin 1995, durant le 13ème marché de la poésie qui se tient place Saint Sulpice."
©Pierre Kobel
Bibliographie (compilée en grande partie à partir de l'article de Wikipédia, signé également Pierre Kobel)
Promenades du soleil, 1955
Pétales du chant, Cahier de l'Orphéon, 1956
Dans ces ruines campe un homme blanc, Guy Chambelland, 1969
Occitanie, Oswald, 1972
Corneille, le roi-image Éditions S.M.I., 1973
Joyeuse apocalypse, Stock, 1974
Élefantaisies (comptines) illustrations de Béatrice Tanaka L'École des loisirs, 1974
Le Bleu de la nuit crie au secours, Subervie, 1975
Testament de Ravachol Plasma, 1975
Vers le matin des cerises Éditions Saint-Germain-des-Prés , 1976
Animalphabet , Éditions Saint-Germain-des-Prés , 1977
19 lettres brèves à Nora Nord Éd. le Verbe et l'empreinte, 1979
Enfantasques, Éd. le Verbe et l'empreinte , 1979
Rue des merguez, Plasma, 1979
Comme une blessure rapprochée du soleil, La Pensée Sauvage, 1979
Liberté couleur d'homme (essai d'autobiographie fantasmée sur la terre et au ciel avec figures et masques) Encre, 1980, Collection Brèches
53 Polonaises, Actes Sud , 1982
L’œuvre de chair, Écrits des Forges, 1988
Journaux de voyage, Albatroz , 1990
Feux, cris et diamants, Albatroz , 1993
Dans la poéthèque du Printemps des poètes
Un bel article sur Wikipédia
Une page-souvenir
Un bel hommage de Michel Butel au moment de la mort du poète, en 1995, dans l'Huma
Une belle brassée de textes pour se faire une idée, sur fond très noir